02 juin
Tour de Bavière, ce que j'en retiens

Tour de Bavière, ce que j'en retiens

Le tradition compte-rendu après mon Tour de Bavière, où toute l'équipe a bien entouré Thibaut Pinot, cinquième au final, mais où je ne cache pas avoir connu une déception en me classant seulement vingtième du contre-la-montre individuel.

 

 

Ma course

 


C'était ma course de reprise, après un break de trois semaines sans course, mais avec un bon stage d'entraînement dans les Pyrénées. Ces deux dernières années, j'avais fait bonne figure sur le Tour de Bavière en terminant neuvième en 2012 et surtout quatrième en 2013, à chaque fois grâce à l'étape chronométrée. Cette année, figurait aussi une étape avec un final pour grimpeurs : c'est tout naturellement que l'on a axé notre course sur Thibaut Pinot. Nous n'avons pas été gâtés par la météo puisque dès notre arrivée en Allemagne, des trombes d'eau ont annulé notre sortie traditionnelle de récupération, importante car cela fait du bien de tourner les jambes après le voyage, pour activer la pompe cardiaque et le flux sanguin. Au lieu de cela, séance collective sur home trainer sur la grand place du village, devant les yeux ébahis des riverains ! Et oui, le camion atelier était parqué à deux bons kilomètres de l'hôtel…

 

La pluie nous a suivi lors des trois premières étapes, accompagnée par le froid. Dur à encaisser en cette fin de mois de mai. Mais nous ne nous sommes pas démobilisés pour autant. J'ai participé à la protection de Thibaut les deux premiers jours. La troisième étape, longue de 240 kilomètres, était davantage à classer en sortie foncière avec quatre coureurs échappés maîtrisés par les équipes de sprinteurs et de leaders, même si forcément dans le final ça va vite ! Arriva alors la quatrième étape. Mon étape. Le chrono de 25 bornes. Test grandeur nature en vue des Championnats de France. Je pars une minute derrière Fabian Cancellara, j'ai ainsi pu l'avoir en point de mire de temps en temps, à travers les belles lignes. Je livre une très bonne prestation, avec une excellente gestion de mon effort, mais le couperet tombe : je ne suis que vingtième. Grosse désillusion. Je cherche encore les explications de ce classement car à l'analyse, ma courbe de puissance est bonne. Les adversaires ont été plus forts…

Ce fut donc une bonne semaine de travail mais il y a cette grosse déception du chrono, ma discipline favorite, qui me perturbe un peu. Je vais récupérer avant le Tour de Suisse et continuer d'assimiler le stage, avec lequel ce Tour de Bavière s'est enchaîné, ce qui n'est jamais facile. Entre temps, j'irai reconnaître le parcours des France à Poitiers.

 

La course de mon équipe

 


Notre leader était donc Thibaut Pinot. Nouveauté sur le Tour de Bavière, la deuxième étape se terminait en sommet, dans une petite station de ski. Quatre kilomètres de montée pour finir, dont trois à 16%, précédés d'un long faux plat. Thibaut voulait que l'on durcisse la course avant le pied. Dès la mi-course, nous sommes entrés en action, avons haussé le tempo, et provoqué un réel écrémage par l'arrière, dans l'enchaînement de bosses qui menait au final. Toute l'équipe a été formidable, emmenant Thibaut jusqu'à la bosse dans les meilleures dispositions, tout en gardant Kenny Elissonde au chaud pour l'escalade. Thibaut se classe deuxième sur les talons de Matthias Frank. Il terminera ensuite juste derrière moi sur le contre-la-montre pour finir cinquième de ce Tour de Bavière et meilleur jeune, le critérium urbain de Nuremberg, le dernier jour, n'ayant logiquement rien changé à la donne.

 


La course des autres

 


Sky a placé deux hommes sur le podium de ce Tour de Bavière : Geraint Thomas, vainqueur final, et Vasil Kiryienka, troisième. Mais nous n'avons pas vu le rouleau compresseur habituel : sur l'étape la plus difficile, c'est nous qui avons roulé ! Thomas s'impose grâce au chrono, sur sa course test traditionnelle, qu'il avait déjà remportée par le passé. Sur les étapes en ligne, les Sky étaient franchement discrets, ils savaient qu'ils mettraient tout le monde d'accord face à la montre. Avant cet exercice, c'est donc Matthias Frank qui occupait la tête du général. On savait qu'il serait un client, d'autant qu'il a autour de lui une belle équipe IAM, avec Marcel Wyss, Johann Tschopp… Il a tiré le premier dans la bosse. Thibaut pensait qu'il allait se coucher, mais il a tenu bon. A noter aussi la victoire, dimanche, de Sam Bennett. L'Irlandais avait été stagiaire chez nous mais son genou en compote l'avait empêché de courir. C'était Yvon Madiot qui avait voulu le tester et il avait forcément un oeil sur lui lors de cette épreuve. C'est un coureur talentueux.

 

Ce que vous n'avez pas vu

 


Trois gâteaux pour l'anniversaire de Thibaut ! Le jour de l'arrivée en sommet, Thibaut fêtait ses 24 ans. Les célébrations ont commencé sur le podium signature en début de journée avec une remise de gâteau, des bougies à souffler et un "Happy Birthday to you" repris en choeur par le public. Sympa ! Le soir, nous avions donc un premier gâteau de l'organisation, mais aussi un autre offert par le boulanger du coin, un fan de notre équipe qui fait des bretzel à chaque départ d'étape et nous a fait la surprise de concocter une petite pièce montée avec la photo de Thibaut imprimée. Nous qui avions commandé un gâteau à l'hôtel, nous nous retrouvions donc avec le triple !

 

Commentaires  

#1 collin jean 04-06-2014 08:36
Le contre la montre de Bavière est représentatif des immenses exigences demandées par le sport de haut niveau.
Tu fais ta course au top et ne termines pourtant que 20ème.
Mais nous ne sommes pas inquiets et savons que ton travail finira prochainement par payer.

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