29 janvier
Caméras embarquées, le tuto

Caméras embarquées, le tuto

Vous avez été nombreux à visionner mes vidéos de caméras embarquées sur le Tour Down Under, et je vous en remercie. Je vous explique à présent l’envers du décor.

 

Etape 1 : Les autorisations

 

Pour avoir le droit de filmer et de diffuser mes images du Tour Down Under, j’ai d’abord du contacter l’organisateur, qui m’a répondu rapidement et m’a dit que ça ne leur posait pas de soucis. Mais il fallait aussi l’autorisation de l’UCI. Juste après les fêtes, ils m’ont à leur tour donné le feu vert. L’équipe FDJ, bien sûr, était pour également, et m’a fait suivre une attestation. J’avais tous les courriers nécessaires pour mener mon projet dans les règles. Sur d’autres courses, ça pourrait être plus compliqué, notamment avec RCS Sport et ASO, qui ont de gros contrats à l’année pour les retransmissions. Je tiens à garder la main sur ce que je fais, donc si on me donne l’autorisation sans que je puisse être propriétaire de mes propres images, je dirai non.

 

 

Etape 2 : L’installation

 

Le préalable essentiel est bien évidemment de disposer de caméras adaptées et homologuées. J’ai une caméra Shimano, le modèle que l’équipe avait utilisé sur le Tour de France l’an dernier. Elle pèse 85 grammes et le support 55, ce qui fait un total de 140. J’ai aussi une caméra plus hybride, qui filme en 720p contre 1080 pour la Shimano, mais qui pèse 73 grammes au total car le support est en plastique. Pour équiper la caméra, il faut fixer le support sur le guidon et le déporter vers l’avant. A l’arrière, on l’installe sous la tige de selle et un système de glissière permet de clipser la caméra. Aucun risque de perdre le matériel en course : ça tient sans souci. C’est bien sûr important car si ma caméra tombe dans le peloton, je vais avoir des problèmes…

 

Etape 3 : Le démarrage

 

Un bouton sur lequel appuyer et c’est parti. Pratique. L’autonomie est de deux heures environ, donc j’ai pour habitude d’actionner le système à 1h30 de l’arrivée pour assurer le coup. Mais il y a eu une étape sur le Tour Down Under où j’ai voulu filmer le départ : j’ai donc actionné le dispositif sur la ligne, l’ai stoppé après 30 minutes, puis l’ai relancé dans le final. Filmer de longues portions me permet aussi d’uploader le rush vidéo sur le site Kinomap en synchronisant l’image avec ma trace GPS.

  

Etape 4 : Le traitement

 

Quand j’arrive à l’hôtel, je passe au déchargement de mes cartes mini SD. Deux heures de vidéo, ça fait environ quarante minutes de transfert. Ca colle avec la case horaire du massage. Quand je reviens à ma chambre, je fais l’import des images dans le logiciel de montage, et passe au dérushage : la sélection des images que je souhaite retenir dans ma vidéo. Tout cela demande du temps, mais si une personne extérieure s’occupait de cette phase, ce serait moins efficace car sur mon vélo, j’ai déjà vécu tout ce qui a été filmé. Je sais quand il y a eu des moments chauds, spectaculaires. J’essaye de retenir au maximum ces séquences et les retrouve aisément dans mon fichier. Reste ensuite l’export de la vidéo montée puis l’upload sur Youtube, et enfin le partage sur mes réseaux sociaux et mon site internet. Ce long processus n’est possible que quand le rythme de la course le permet : au Tour Down Under, nous étions toujours à Adélaïde, les étapes étaient courtes. S’il j’avais un long transfert et que j'étais cramé de ma journée, je ne le ferais pas.

 

Etape 5 : La viralité

 

Une fois la vidéo partagée, c’est évidemment le caractère spectaculaire de celle-ci qui détermine son succès. Il y a eu cette grosse chute sur le Tour Down Under, que j’ai miraculeusement évité. J’étais au bon endroit au bon moment. La vidéo a tourné en boucle dans la salle de restaurant où toutes les équipes sont stationnées sur la course. Plus tard je découvrais que le nombre de vues sur Youtube était très élevé. Le lendemain, des coureurs sont venus me voir pour me dire que j’avais été verni de ne pas chuter. Certains étaient intrigués par la caméra, voulaient connaître le modèle, la manière de la fixer, si je montais moi-même… Plus d’un sont intéressés à l’idée de tenter l’expérience : je ne suis pas le seul technophile du peloton !

 

Et ça n’empêche pas d’être au niveau… !

 

Je peux assurer que l’utilisation d’une caméra embarquée ne freine pas la performance. 140 grammes, c’est trois barres de céréales… Je fais top 20 sur ce Tour Down Under, tout en ayant placé des attaques, aidé Arnold Jeannesson. Je n’ai pas « bouffé de jus » et mis en péril ma récupération : on peut dérusher ses images comme on lirait un livre, un site d’actu, ou regarder une série. Les images peuvent aussi servir à l’équipe : on les a plusieurs fois utilisées en briefing ou debriefing, pour revoir certaines actions collectives. Bref, oui aux caméras embarquées !

 

Bonus

 

J'avais gardé quelques images d'attaques au Tour Down Under en stock :

 

Commentaires  

#14 Clemmie 24-11-2015 03:46
félicitation pour ce post merveilleusemen bien rédigé

Feel free to visit my web blog - camera embarquée: http://www.guide-numerique.com/mobilite/astuces-pour-monter-une-camera-embarquee-sur-un-casque-de-ski-dun-enfant
#13 Estelle 07-09-2015 05:30
Que dire de plus ? vous avez tout résumé sur
ce post. Vraiment intéressant

Also visit my web-site: Camera embarquée: http://www.exigeek.com/5-camera-embarquee
#12 ludo 11-02-2015 08:06
Bonjour Jérémy

Vraiment merci pour tes vidéos en immersion !
Tu donnes beaucoup plus de sensations que la télé classique !
Par contre, peux-tu dire de quel logiciel il s'agit pour travaillerles vidéo ensuite stp.
#11 jean louis 03-02-2015 16:13
Bravo pour cette article en direct sur le vélo on partage la vie dans le peloton.
merci pour toutes ces vidéos.
Vivement les prochaines courses.
#10 Hervé 31-01-2015 14:34
Merci pour ses images de course !

L'utilisation de la vidéo en sport fait maintenant partie de l'entrainement , elle permet l'amélioration de la technique du geste mais aussi une analyse tactique d'après course , avant de monter un col cela permet de bien visualiser la difficulté et d'anticiper sur les endroit stratégique ..... enfin des application a l'infini.... j'utilise les vidéo "sufferfest" sur mon HT , cela permet d'être concentré pendant 1h et d'être a 100% dans la séance .
J'imaginerait bien avec l'aide de votre préparateur Fred Grappe de monté quelques vidéo de coaching "madin fdj" tes prises de vue en total immersion pour les périodes de haute intensité associer au prise de vue ext de la TV , les séquences vidéo de vos stages avec les sprint d’Arnaud et les montée de cols de Thibaud .... une petite collection FDJ Coatching , je vien peut être de vous donné une idée ! a creusé je suis sur que le service communication de la FDJ vas adoré! tu imagine tout les fans de Jérémy,Thibaud,Arnaud,Arth ure ..... transpiré comme ding sur leur HT !

@+ sur les route du tour (je serait a Vanne en 2015)
#9 Annabelle et Clément 31-01-2015 11:08
Merci encore de nous faire partager et de passer tout ce temps, c'est vraiment très intéressant et impressionnant.
Un grand Bravo pour ton Tour Down Under et un grand Merci !!!
#8 dd37 31-01-2015 08:49
C'est tres réussi,mais ça bouge plus que sur le casque,mais sinon c'est génial,de nous fairent vivre l'intérieur de la course comme ça(moi le retraité,tu me fais révé)continue.
#7 Franck Pélissier 30-01-2015 22:21
Merci de prendre le temps de faire tout ça pour le plaisir des fans de vélo. Pour faire moi-même quelques vidéos de temps de sorties club, je sais le temps que cela prend de faire le montage, charger la vidéo, etc.
#6 stéphane 30-01-2015 21:50
Un grand merci à toi Jérémy pour tout ce que tu fais , et nous fais également découvrir...les coulisses de la course, les moments forts, le placement....... Du grand art et nous t'en remercions. Cet article nous explique comment tu as pu réalisé sans soucis ces vidéos spectaculaires . Nous sommes fans , crois moi. Bonne route Jérémy....
#5 Samuel 29-01-2015 23:36
Merci beaucoup pour ces vidéos. Ca pourrait être sympa de superposer vues avant et arrière en même temps sur le montage final pour voir des deux côtés à la fois. Une autre idée serait de mettre un petit texte en haut pour qu'on sache à quel moment de la course se passe chaque séquence. Par contre ça fait pas mal de boulot de montage en plus et il faut du temps ! En tout cas c'est vraiment super ces vidéos !

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

-----