20 mars
Le projet Pinot prend forme

Le projet Pinot prend forme

Ce n’est pas parce que Thibaut Pinot a fini troisième du Tour l’an dernier qu’il ne restait pas du pain sur la planche. Sur Tirreno-Adriatico, dont il a pris la quatrième place, on a pu voir que le dispositif mis en place autour de lui fonctionne. J’en suis partie prenante et ça me botte.

 

Impliqués avant, pendant, après

 

Quand un leader réussit une grande performance, il remercie toujours ses équipiers. Ce n’est pas un cliché : une équipe, c’est un noyau. Celui autour de Thibaut Pinot a pris forme et porte ses fruits. Il termine quatrième de Tirreno-Adriatico et on a tous le sentiment d’une belle prestation collective, car cela dure depuis cet hiver : les stages ensemble, notre petit rassemblement à Gran Canaria, l’approche de la compétition, la gestion en course et hors-course. Ce n’est pas juste des équipiers qui roulent et un leader qui finit le travail. On a senti qu’un cap avait été passé et cela s’est vu avant même cette course. Thibaut avait annoncé un objectif de top 5 sur une épreuve de début de saison, alors que les précédentes années, il avait souvent été gêné par des pépins de santé à cette période. Il sait ce qu’implique son nouveau costume et que pour que ses coéquipiers soient en pleine confiance, il doit avoir un discours optimiste. Ne pas fuir ses responsabilités. Depuis juillet dernier on a la confirmation de ce dont il est capable mais il fallait passer à l’étape suivante : lui permettre d’exploiter plus souvent ses qualités et l’aider à gommer ses lacunes, pour évoluer avec constance à ce niveau de performance.

 

On retiendra surtout son étape du Terminillo où il a construit sa quatrième place finale, mais il n’y a pas que ça. Déjà, le placement. Il court devant, il a pris de l’assurance. Il est davantage respecté et ça aide. Du coup, c’est toute l’équipe qui a la tâche plus facile. Aller le bousculer parce qu’il ère en queue de peloton, ce n’est plus d’actualité. Il ne fait plus d’erreurs et nous non plus. Il demeure un peu isolé en haute-montagne mais ce qui a été fait est déjà très bien. Il a également beaucoup progressé en contre-la-montre et on en arrive presque à regretter qu’il n’y en ai pas tout le temps sur les courses auxquelles il prend part. L’an dernier, dans une interview à L’Equipe avant le Championnat de France chrono, on me demandait qui était mon favori. J’avais répondu que ça aurait été Thibaut s’il avait pris le départ. Il m’avait battu à chaque fois durant les mois qui avaient précédé. Il a de la puissance, il sait gérer son effort, je ne suis absolument pas surpris par ses résultats. Ca devient un réel atout pour lui. Il est devenu le vrai prototype du coureur d’épreuve par étapes.

 

Fidèles et complémentaires

 

Au delà de cette matière première de grande qualité, il y a aussi les hommes. Il a besoin de bien s’entendre avec ses coéquipiers, de leur faire confiance et d’avoir la leur. Pas d’arrières pensées : c’est la base pour constituer un cocon digne de ce nom, qui amène le coureur à être serein, à ne jamais perdre de jus. En ce sens l’apport de Steve Morabito est réel : il a gagné un Tour de France et un Tour d’Italie en tant qu’équipier, donc l’ambition et la gestion de celle-ci, ça lui parle. Il est de bon conseil, calme et posé et c’est précieux dans une équipe. J’ai d’ailleurs fait chambre avec lui pendant ce Tirreno-Adriatico et j’ai découvert un garçon plutôt épicurien : il a son petit jardin bio, il fait des gâteaux à la farine d’épeautre, c’est intéressant ! Il m’apprend des choses, je lui apprends des choses… On est complémentaires. Dans un collectif, je suis un peu dans le même registre que lui, celui des canalisateurs qui accompagnent, en quelque sorte, le projet global bâti autour du leader. Qui savent déconner, parce que Thibaut est comme ça, mais savent aussi être sérieux. Et tout cela fait que ça colle. J’ai beau ne pas avoir évolué au niveau que j’espérais sur ce Tirreno-Adriatico, notamment en montagne, je me sens partie prenante de la performance de Thibaut et c’est ce qui me comble aujourd’hui. Tout le monde, que ce soit les coureurs de classiques ou ceux des courses par étapes, a trouvé sa place pendant cette semaine de compétition tout en montant en puissance pour des échéances futures. Matthieu Ladagnous est en très grande condition, Benoît Vaugrenard est de retour à son meilleur niveau. Chacun est tiré vers le haut.

 

La prochaine étape, c’est la Corse : Classica Corsica puis Critérium international. Thibaut va devoir décompresser, récupérer, puis se remettre en configuration pour ces courses. Il avait fait de Tirreno-Adriatico un gros objectif et a désormais à l’horizon le Tour de Romandie, mais le Critérium est un point de passage intéressant. Il sera attendu, encore plus qu’avant, et aura la pancarte, mais s’il y a possibilité de faire quelque chose à l’Ospedale, il ne va évidemment pas freiner. C’est même davantage sur ce type d’épreuve qu’il va pouvoir tenter sans arrière-pensées. On pourrait se dire qu’il faut absolument gagner là-bas, mais pour nous, la performance de Tirreno-Adriatico et bien sûr le podium sur le Tour de France valent bien des victoires. On sait que le prochain gros succès de Thibaut arrivera tôt ou tard, on bossera toujours de la même manière quel que soit le résultat à la clé.

Commentaires  

#11 Nate 06-09-2017 00:45
Salut à l'équipe du site, comme toujours un article de super qualité, bravo

Take a look at my web-site Ouverture De Porte: http://Lookoff.co/index.php?option=com_k2&view=itemlist&task=user&id=292396
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