14 avril
J'aime détester le Pays basque

J'aime détester le Pays basque

Retour sur mon Tour du Pays basque, course ô combien difficile et qui l’est encore plus quand la forme ne suit. Ca a été difficile, mais j’avais signé pour ça.

 

 

Les journées qui suivent un Tour du Pays basque sont toujours spéciales. Fatigue physique et mentale, après une course des plus exigeantes. Le niveau sur cette épreuve est impressionnant : plateau d’une grande densité, parcours terrible… Je pense que le grand public ne cerne pas la difficulté de cette course et que celle-ci ne la met pas assez en avant, contrairement à RCS Sport avec le Tour d’Italie. Car là, on tient un concentré de spectacle sur une semaine, avec des pentes qui débrident comme sur aucun autre rendez-vous du calendrier. Et Jérémy Roy dans tout ça ? Ce n’était pas la grande forme. J’étais dans un état un peu grippal, j’ai du puiser dans mes réserves alors que le Tour du Pays basque interdit tout petit coup de bambou. Beaucoup piochent, je n’ai bien évidemment pas été le seul. Même chez nous, Thibaut Pinot qui finit dixième était en fin de cycle et a donc du se faire violence.

 

Thibaut était un peu esseulé, il ne mérite pas ça. Avec plus de support il aurait pu faire encore mieux. Mais la malchance nous a suivi, avec Pierre-Henri Lecuisinier qui s’est fracturé le coude, Jussi Veikkanen qui s’est ouvert l’arcade, sans oublier des abandons pour cause de fatigue. Ca ne pardonne pas. Mais je refuse de parler de torture en évoquant le Tour du Pays basque. C’est difficile, dans les jambes et dans la tête, mais on sait pour quoi on signe. Il n’y a jamais foule de volontaires pour disputer cette épreuve mais je suis régulièrement au départ conscient de ce qu’il m’attend. Est-ce que j’aime cette course ? Je ne sais pas trop, mais au fond je sais qu’elle est bénéfique. Les efforts livrés vont porter leurs fruits. Dans les plus fortes pentes, on atteint des records de puissance. J’ai fait cinq minutes à 460 watts sur le chrono avec le Mur d’Aia !

 

Certains choisissent cependant de ne pas passer par la case Pays basque. Ca a été le cas de notre groupe Ardennaises : Arthur Vichot et plusieurs de ses lieutenants pour les classiques à venir (Benoît Vaugrenard, Laurent Pichon notamment) ont disputé le Circuit de la Sarthe et ont rallongé après les étapes. Même Alejandro Valverde a fait l’impasse sur le Pays basque… Point de passage obligé, base de préparation ou rendez-vous à éviter : chacun voit midi à sa porte. Le mieux est d’y venir avec de la fraîcheur, on a d’ailleurs vu que les Yates, Rodriguez, Henao ou encore Landa avaient pu couru cette année. Des coureurs en début ou en fin de pic de forme, d’autres en plein dedans : ça participe à l’homogénéité du peloton, que l’on a encore constatée ce dimanche avec Paris-Roubaix - trente coureurs pour la gagne à la sortie du Carrefour de l’Arbre ! Pendant ce temps-là, je rentrais à la maison pour un repos bien mérité, avant de reprendre sur le Tour de Romandie. Deux semaines pour se préparer et retenir le meilleur de cette semaine basque plutôt que les prestations en deçà de mes espérances.

Commentaires  

#1 Guy chinon 14-04-2015 11:00
Malgré toutes ces difficultés tu as toujours la niac pour nous raconter ta course et tes commentaires toujours aussi instructifs. Chapeau vous avez du mérite et droit à notre respect, les organisateurs non, car ou est l'utilité de ces difficultés que pour le spectacle, cela n'a pas de sens.
Repose toi bien pour le Romandie ou j'espère te voir.
Cordialement
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#2 icare 14-04-2015 16:51
Très bon article : lucide et intéressant. Merci et j'espère le meilleur pour toi.
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#3 carl. 14-04-2015 19:48
Comme tu le dis le grand public (moi le premier) ne connait pas la difficulté de ces courses. Un grand merci à toi de nous faire partager ces moments. Me concernant le 34 * 27 est mon ami dans la haute montagne, alors si tu passes au 34*28 je n'ose pas imaginer les pentes. Bon repos et bonne compensation.
Carl
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