17 juillet
Une journée en deux temps

Une journée en deux temps

Matthieu Ladagnous et moi échappés, Thibaut Pinot présent sur la montée finale pour accompagner les leaders, pour une journée en deux temps - au sens littéral du terme. On a géré le soleil, Thibaut la pluie.

 

Les prévisions le laissaient présager, mais la brutalité du changement de météo a frappé. Après la canicule des jours précédents, le Tour de France a en un temps éclair renoué avec la pluie épisodique de la première semaine. Car sans prévenir, un orage s’est abattu sur la course et lui a permis de perdre près de vingt degrés. Une aubaine pour Thibaut Pinot qui s’est complètement retrouvé dès la chute du mercato et de la pluie. Il a suivi les meilleurs dans la montée finale du Plateau de Beille et c’est une réelle performance car les temps réalisés par les meilleurs sur cette ascension n’étaient guère loin des records en dépit du déluge. C’est très positif pour lui mais aussi pour l’équipe qui voit sa locomotive revenir à son niveau. Il montre qu’il n’est pas six pieds sous terre, qu’il a eu raison de s’accrocher et peut réaliser de grandes choses d’ici Paris.

 

Cela tombe bien car je me sens plus à l’aise pour accompagner Thibaut dans une échappée et l’aider à économiser ses forces, un peu comme en 2012 sur l’étape de Porrentruy, plutôt que de jouer ma carte personnelle. Mes douleurs persistent, même si leur intensité varie. Ce jeudi, j’avais très mal en première partie de course, beaucoup moins ensuite… Dans ces cas là, il ne faut pas écouter son corps, sinon on est bon pour rentrer à la maison. Mais je ne me fais guère d’illusions sur mes chances d’en claquer une dans ces conditions. Sur la route du Plateau de Beille, j’ai envisagé d’anticiper comme l’ont fait Michal Kwiatkowski et Sep Vanmarcke, mais j’ai pas réussi, j’ai été distancé. C’était plus de 4 000 mètres de dénivelé, il y avait de sacré grimpeurs devant. On comprend vite que ça va être compliqué même si on a réussi à se hisser à l’avant de la course. J’en parlais l’autre jour, la concurrence pour gagner en baroudeur est très dense.

 

J’ai plus envie d’aider l’un de mes coéquipiers à y parvenir, tout du moins pour l’instant, puisque que les séquelles de ma chute subsistent. Le tout va être de trouver les bonnes conditions pour réussir à lever les bras : d’abord, évidemment, que le peloton laisse partir, mais aussi avoir les bonnes cartes à l’avant, face à des adversaires à portée. Les trois étapes à venir seront plus dans le registre « loterie » que les autres jours, où les vainqueurs - Majka, Rodriguez - étaient d’un sacré calibre. Être à deux devant, comme on l’a fait mercredi et jeudi, est une chose intéressante. Il faut poursuivre.

Commentaires  

#1 marc 17-07-2015 09:52
go my man. watching you since the tour dow under. brilliant to see so much of you on this stage from back in adelaide. all the best mate.
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