05 octobre
Une semaine référence pour finir l’année !

Une semaine référence pour finir l’année !

Un triptyque italien pour conclure la saison 2015. La semaine passée, je participais aux Trois Vallées varésines, à Milan-Turin et au Tour de Lombardie autour de notre leader unique, Thibaut Pinot. Objectif rempli avec son podium sur sa classique de coeur !

 

Thibaut adore le Tour de Lombardie. Pour certains, la plus belle, c’est la Doyenne, pour d’autres Paris-Roubaix, le Tour des Flandres ou Milan-Sanremo, mais lui, il a un affect particulier pour celle qui est sans doute la moins médiatiques des cinq monuments - et franchement pas la plus simple ! Il a besoin d’aimer les courses qu’il vise et ce n’est pas le cas par exemple de Liège-Bastogne-Liège. Les choses doivent venir de lui pour qu’il soit à l’aise sur le vélo et réussisse de grandes performances. Il avait déjà couru plusieurs fois la classique des feuilles mortes mais cette année, celle-ci allait lui permettre de justifier ses ambitions avec un retour à un parcours plus traditionnel, fort de l’enchaînement de la Madonna del Ghisallo, du Mur de Sormano, du Civiglio et du San Fermo della Battaglia. Il fallait mettre les grands moyens et c’est pourquoi notre leader avait demandé à ce que l’approche de cette épreuve soit changée. Après sa coupure faisant suite à la course pré-olympique de Rio, il a couru en Belgique en rallongeant la distance, il est allé gagner le Tour du Gévaudan et a tenu à participer aux Trois Vallées varésines et à Milan-Turin juste avant le rendez-vous majeur de sa fin de saison.

 

Je suis donc arrivé en Italie dès mardi, alors que d’habitude notre venue sur place ne se faisait que le jeudi. Une grande partie de l’équipe revenait du Gévaudan et n’allait pas avoir de pause. Moi, j’en avais eu une après Richmond et le chrono par équipes, ne participant pas à l’épreuve française alors que j’y étais prévu initialement. Cette semaine italienne allait être une sacrée expérience : six jours avec le même effectif, digne d’un effectif du Tour de France, avec au bout une mission de taille, le tout en fin de saison, après de longs mois à courir après de nombreux objectifs avec Thibaut, le Tour de France en point d’orgue. Ce challenge transalpin nous a tous motivés et ces prolongations se sont faites naturellement. Le premier épisode de la série, c’était les Trois Vallées varésines. Une sacrée course, que je découvrais : un circuit final exigeant à couvrir neuf fois et une première partie en ligne non moins difficile. J’ai multiplié les attaques au départ pour me retrouver dans un groupe d’une vingtaine au sein duquel Thibaut a jugé bon de me rejoindre. C’était bien senti car l’entente a été parfaite mais nous sommes restés pendant soixante bornes une minute devant le peloton avant d’être repris. Arnold Jeannesson a pris le relais et a passé un bon moment en tête de la course, en duo puis solo. Une fois sur le circuit ça a explosé de partout et Thibaut a tenu bon avec Kenny Elissonde. Kenny joue la place de 2 derrière Nibali mais se fait reprendre et conclut au septième rang. Thibaut est douzième malgré les efforts de début de course. Ca annonçait la couleur.

 

A Varese, c’était une course d’usure, sans répit. Le lendemain sur Milan-Turin, la donne était différente avec beaucoup de plats et la montée de Superga à gravir deux fois dans le final, dont la dernière pour une arrivée en sommet. Une vraie course de côte mais tout de même différente d’une Flèche wallonne où le mur d’arrivée est plus court. L’objectif pour moi était de le placer idéalement pour la première ascension tandis que d’autres devaient l’accompagner pour la deuxième. Ca a été le cas d’Arnold et de Kenny, qui ont mis Thibaut sur orbite pour aller chercher une quatrième place à un poil du podium. Au lendemain des efforts des Trois Vallées varésines, c’était très encourageant. La confiance était en beau fixe pour aborder le Tour de Lombardie mais il ne fallait pas en rater l’approche : après deux jours de course (nous n’avions pas inclus le Tour du Piémont à notre programme) il était important de bien récupérer tout en ayant le temps malgré tout de repérer les soixante derniers kilomètres du final, c’est-à-dire les quatre montées précédemment listées. Verdict : c’est explosif, exigeant, parfois vertigineux, et dans les deux sens - descente, montée. Une dernière portion de course épique qui fait renouer le Tour de Lombardie avec son glorieux passé, après quelques éditions récentes où les expérimentations n’ont pas toujours été heureuses et ne permettaient pas à Thibaut d’exprimer ses talents de grimpeur. Si ce menu allait être parfait pour lui, il serait toutefois difficile pour ses équipiers de l’accompagner jusqu’au bout : la sélection allait forcément se faire très vite pour une lutte à armes égales.

 

Le scénario de la course a vérifié cela et les rares équipes à avoir un équipier avec leur leader dans le final en ont tiré profit. Après Sormano, il n’y avait déjà plus grand monde et dans Civiglio, seules Astana et Sky avaient un binôme en tête (Rosa-Nibali, Nieve-Henao). Steve Morabito n’était pas loin d’être présent mais il n’a pu revenir devant dans la portion de plaine qui précédait les deux bosses finales. Bien que seul, Thibaut a assuré. Il a été acteur, il a attaqué, il a suivi les attaques, il les a contrées. Il n’a pas ménagé ses efforts et ne peut avoir de regrets. Nibali s’est fait la malle dans une descente technique et dès lors la victoire n’était plus approchable, mais il va prendre la troisième place. Une fin de saison sur une excellente note tant pour lui que pour l’équipe. Thibaut confirme… Non, il ne confirme pas ! Il n’en est plus là et sa dixième place au World Tour le prouve. Mine de rien, à 25 ans, il a déjà coché pas mal de cases sur son tableau de marche. La troisième place sur le Tour de France, maintenant sur le Tour de Lombardie. On peut adorer une course et ne jamais y signer la moindre performance. Ce dimanche en Italie a été la preuve, une nouvelle fois, qu’il pouvait jouer avec les tous meilleurs, les menacer. Quand Nibali a attaqué en montée, Thibaut a toujours répondu, de façon tranchante sur la tentative la plus énergique du Squale, ce qui l’a poussé à revoir ses plans pour plutôt tenter le coup en descente. Le Sicilien s’impose pour sa neuvième tentative sur cette course : Thibaut a le temps de voir venir.

Commentaires  

#1 carlmary@free.fr 05-10-2015 19:42
Ca (re)fait du bien de vivre tes courses au travers de tes commentaires. Perso ça me manquait.
Et quand les résultats de l'équipe sont là, "tout va". Mais j'aimerai que tu puisses reprendre ta chance. Tu le mérites.

Carl
Citer
#2 Nico Boisson 06-10-2015 05:45
Bravo aux FDJ. Une belle fin de saison pour ton groupe tourné autour de Thibaut
Comme d'habitude, on ne se lasse pas de te lire.
Bon résumé.
A bientôt Jérémy
Citer
#3 Deniau Daniel 21-10-2015 07:22
Jérémy, le parcourt du tour,qu'en penses-tu!!!
Citer

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

-----