29 janvier
J'ai testé pour vous : le capteur Moxy

J'ai testé pour vous : le capteur Moxy

Après les ères du cardio-fréquencemètre, puis du capteur de puissance, le capteur d’oxygénation du muscle sera t-il l’appareil indispensable pour accompagner l’entrainement de demain ?

 

J’ai eu l’opportunité de tester pendant quelques jours le Moxy, importé en Europe par Swinco. Je ne vais pas me lancer dans de grandes analyses qui mériteraient un protocole plus rigoureux, et le test a été réalisé lors de ma reprise d’entrainement, donc sans toutes les adaptations physiologiques pour un état de forme optimal. Cependant il en ressort quelques informations intéressantes que je voulais partager avec vous !

 

 


 

 

Qu’est-ce que le SmO2 ?

 

Cet appareil portatif permet de mesurer en temps réel l’oxygénation du muscle, le "SmO2". L'oxygénation musculaire est une mesure de la quantité d'hémoglobine qui permet de transporter l'oxygène dans les capillaires du muscle. Elle est exprimée en tant que pourcentage de 0 à 100 et est souvent abrégée en SmO2. Elle est mesurée optiquement avec une lumière proche infrarouge, il s’agit donc d’une mesure complètement non-invasive.

 

Attention le SmO2 est différent des mesures habituelles de SpO2, fournies par l'oxymétrie de pouls. Le SmO2 est une mesure de la saturation en oxygène dans la microcirculation où de l'oxygène est échangé avec le tissu et est par conséquent une mesure locale. L'oxymétrie de pouls SpO2, qui utilise également la lumière proche infrarouge, mesure la saturation en oxygène systémique du sang artériel. 

 

L'oxygénation musculaire est une mesure localisée qui dépend du niveau de l'effort et donc du flux sanguin ; les mesures de SmO2 varieront ainsi selon la consommation dans le tissu, or le SpO2 ne variera pas.



 En outre, le SpO2 requiert un flux pulsatile, tandis que des lectures SmO2 n’en n’ont pas besoin. Ainsi la saturation musculaire pourra à l’effort être inférieure à 90% sans grosse contrainte musculaire pour descendre très bas à l’effort (25%)... alors que l’on considère qu’une SpO2 inférieure à 90% est dangereuse en terme d’hypoxie.

 

 

Pourquoi ce paramètre est-il intéressant ?

 

Le transport de l'oxygène et son utilisation est considérée comme un facteur clé dans la capacité d'endurance de l'athlète. Une grande partie de l'exercice moderne d'évaluation tourne autour de la notion de VO2 et VO2max en tant que déterminant de transport de l'oxygène et de l'utilisation. L'idée derrière cette notion est plus élevé qu'une VO2max indique une plus grande capacité à utiliser l'oxygène pour produire de l'énergie dans une voie de l'énergie dépendante de l'oxygène.

 

 

Le matériel

 

J’ai utilisé le capteur avec une montre Garmin (sur laquelle était installée une application dédiée), cependant il y a différentes utilisations possibles pour que vous obteniez le SmO2 sur votre compteur (via Bluetooth ou Ant+). J’ai placé le capteur sur mon quadriceps, il suffit de le faire tenir avec un ruban style Hypafix.

 

La configuration d’acquisition du moxy (fréquence de données) s’effectue grâce à une liaison USB avec le logiciel. L’export des données se fait soit à partir du fichier de la montre, soit avec le logiciel (export .fit ou .csv donc exploitable via divers logiciels d’entrainement ou sur tableur). 

 

 

 


 

 

Le test

 

1/ Test d'effort - Reprise

 

J’ai réalisé un test incrémental de 25w/minute pour satisfaire au besoin de la validation de ma licence lors de ma reprise d’entrainement. 

 

On peut voir une forte corrélation entre la puissance en rouge et la mesure SmO2 en bleue. En fin de test , je suis descendu à 25% ! Puis dès l’arrêt de l’effort, un retour à la normale vers 80% a été observé.

 

 

2/ Sprint court

 

Suite à effort maximal court inférieur à huit secondes, on voit clairement la baisse de SmO2 descendue à 23% mais il y a un léger décalage temporel de l’ordre de quelques secondes.

 

Le second sprint descend moins bas mais part de plus haut en saturation. Par contre on voit bien que sur l’effort de deux minutes progressif avec palier à 450W, on retombe sur une SmO2 très basse (corrélée avec le ressenti au niveau douleur musculaire).

 

 

3/ Effort prolongé stable sur 2’ en zone I3+

 

Au cours de l’effort prolongé, la SmO2 descend progressivement jusqu’à une certaine stabilisation alors que l’effort est stable (I3+, possibilité de tenir cet effort >30’ pour la période de l’année). 

 

 

 

4/ Efforts intermittents

 

Efforts intermittents de 1’ en I5 – 1’ en I1-I2. La baisse de SmO2 est assez marquée pour ce type d’effort (baisse jusqu’à 28%), ce qui témoigne d’un fort engagement musculaire.

 


 

 

En conclusion...

 

Le moxy se limite à une mesure locale d’un muscle précis et pourra par différenciation/comparaison témoigner de problèmes membre droit/membre gauche.

 

Malgré le fait que mon test fut éphémère, et que je reprenais juste l’entrainement, le Moxy - très simple d’utilisation - permet assez rapidement de voir l’engagement musculaire à l’effort.

 

Est-ce que des nouveaux types d’entrainement pourront voir le jour grâce à cet outil ? Il serait aussi intéressant de coupler SmO2 et échelle de sensation ESIE. Laissons les chercheurs s’amuser un peu sur divers protocoles pour le savoir. Cependant, j’ai pu remarquer via les courbes fournies certaines réponses intéressantes et je pense que l’on peut travailler sur des pistes de tolérance à l’hypoxie d’effort grâce à ce capteur. Pour des efforts courts, le décalage temporel de réponse (moins marqué que la fréquence cardiaque) peut être pénalisant, mais pour des efforts supérieurs à vingt secondes, la mesure de SmO2 est suffisante.

 

Commentaires  

#1 Deniau Daniel 01-02-2016 09:16
C'est certainement bien,au niveau imformation,mais ne devenez pas des laboratoirs ambulant.
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#2 Feldmann Juerg 01-02-2016 16:55
Nice summary and great start to look in NIRS implementation. If you have time check www.moxymonitor.com forum to see how much more you can do with NIRS For the small time lag . You can gave a much higher sampling rate than the 2 seconds you used and as well there is a physiological small delay due to initial short ATP initiation and Cr.P before we have a very early use of O even in the old classical ideas of anaerob alacticd.
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#3 Feldmann Juerg 01-02-2016 22:12
Perhaps one add more. As you pointed out MOXY is a feedback from some local areas, but we can make conclusion on the complete systemic reactions. can give us feedback on limitation of an athlete. Is you cardiac a limitation, or your respiration of your local muscle situation.
We use MOXY here in Canada on different sports like ice hockey to see whether a player is ready to go back on the ice or whether he has to come of the ice. We use it or individual interval workouts as wlel for strength workouts and much more.
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#4 alban LORENZINI 05-02-2016 16:53
Super interessant comme test! On pourrait aussi essayer un comparatif avec metamax pour le VO2. Tenter d'observer conso O2 et baisse O2 dans le muscle en fonction de différents exos et réponses ventilatoires associées.. Comme tu dis à reserver aux chercheurs, on va brancher le COPS la dessus ! :-)
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#5 Jaime 24-11-2016 08:52
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