29 mars
Le chaud et le froid

Le chaud et le froid

La joie intense : victoire de Thibaut Pinot sur le Critérium International après une très belle course d'équipe. Le drame : deux décès dramatiques qui ont touché le cyclisme ce week-end. Mes sentiments ce mardi soufflent le chaud et le froid.
 
Rassuré par ma reprise sur la Classic Loire-Atlantique et Cholet-PDL, je suis arrivé plutôt confiant sur le Critérium international, course que j'ai pu préparer car je savais depuis quelques temps que je serai au départ.  J'avais juste une appréhension par rapport au dénivelé car je n'ai pas pu grimper de cols depuis longtemps mais j'ai pu répondre présent. Sur l'étape du samedi matin, il fallait surtout ne pas prendre de cassures. C'était un peu tendu dans le final mais tout s'est bien passé pour l'équipe. L'après-midi, c'était mon premier contre-la-montre de la saison, et je suis content de ma prestation. Je termine 9e, une place très correcte, mais c'est surtout la performance collective qui m'a marqué. Victoire de Thibaut, 7 coureurs dans les 17 premiers, c'est fort. Sur ce tracé de courte distance, avec une bosse au départ et pas trop matière à gérer l'effort, il fallait les jambes. Le résultat est très bon. Et Thibaut s'est retrouvé en jaune plus tôt que prévu. 
 
 
Dès lors, le dimanche, il fallait contrôler nos adversaires. On l'aurait fait de toute façon. Thibaut était le grand favori, et ce n'est jamais simple de gagner en grand favori. Il y avait un plateau très franco-français mais c'était tout de même du haut-niveau, vraiment. Chez nous, chaque élément a été essentiel, car au premier col du jour, l'échappée n'était pas encore partie. Il fallait bien laisser sortir des coureurs et s'est détaché un groupe avec Moreno Moser, Thomas Voeckler et d'autres. Il fallait gérer ce danger tout en ne perdant pas nos équipiers trop vite. Au pied de l'Ospedale, la situation était maîtrisée et nos grimpeurs ont pu prendre le relais. Ils ont accompagné Thibaut plus loin que l'an dernier, c'est là que l'on voit l'importance de l'apport d'un Sébastien Reichenbach. Thibaut ne s'est pas dispersé, il a couru en ayant confiance en sa capacité de faire basculer la course au moment prévu, ce qu'il a joliment fait. C'était une course aboutie, qui donne de la confiance. L'an dernier, on était revenus de cette course un peu désabusés, mais cette fois-ci, c'était la grande maîtrise. 
 
 
Voilà pour ma course du week-end, mais celui-ci a été marqué par une actualité toute autre. Comme vous le savez, le cyclisme a été touché par deux terribles décès. Dans des circonstances complètement différentes. L'accident mortel d'Antoine Demoitié fait froid dans le dos : une moto qui écrase un coureur... On est exposés à beaucoup de dangers et c'en est la preuve. On dit souvent qu'un jour le pire arrivera, et ça y est, c'est arrivé. C'est le propre de l'accident, ça reste un concours de circonstances, mais il faut réfléchir à des solutions pour améliorer la sécurité des coureurs. Les problèmes avec les véhicules suiveurs sont récurrents.
 
 
Je retiens qu'il y a trois ans, l'UCI avait consulté les coureurs pour sa réforme à venir. Nous avions fait corps pour placer la sécurité au premier plan de nos préoccupations. Force est de constater que nous n'avons pas vraiment été écoutés. Je me doute bien que résoudre ces problèmes ne se fait pas d'un claquement de doigts mais il est temps d'agir. Mais pour l'heure, je tiens surtout à adresser mes condoléances à tous les proches, à la famille ainsi qu'aux équipes d'Antoine Demoitié et de Daan Myngheer. 

Commentaires  

#1 Nicolas 29-03-2016 18:31
Le chaud et le froid en effet ...
Bravo à toute l'Equipe pour votre beau week-end
Le monde cycliste n'est pas épargné une nouvelle fois, et cette fois-ci avec des épisodes bien triste.
Espérons que le roue tourne sur ce point.
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#2 Xavier 29-03-2016 22:26
Encore bravo pour le Critérium, sans compter la 5eme place d'Arnaud Démare.

C'est terrifiant, la mort d'un jeune coureur lors de sa 2eme épreuve WT.
Il faudra créer un événement pour maintenir sa mémoire. Dans l'immédiat, la priorité est la sécurité. La déclaration de Brian Cookson est assez conservatrice: «Assurer la sécurité des coureurs et de toutes les autres personnes, dont les spectateurs, sur parfois plus de 200 kilomètres, tout en garantissant une compétition équitable dans laquelle le meilleur coureur s’impose sans tricher ni bénéficier d’une assistance illégale, est une tâche gigantesque. Et le mot est faible. Ajoutez-y la nécessité d’avoir la meilleure couverture médiatique possible, afin que les sponsors des épreuves et des équipes puissent justifier leur investissement, et vous comprendrez, je pense, la complexité de la situation.»

Justement, c'est des raisons assez fortes pour bosser cela sérieusement (nombre de véhicules, vitesses, distances, freinage, poids, consignes, etc). Sans doute, l'expérience d'un cycliste ingénieur et baroudeur peut être utile, aussi avec d'autres profils. Et qu'en pense t-on aussi à ASO (Prudhomme, Hinault)?

Il y a aussi des instituts de recherche (l'INRETS en France) qui s'intéressent à la circulation des cyclistes dans les villes, et qui ont surement des outils qui pourraient servir avec un bon reparamétrage.
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