29 mai
Un Giro plus tard

Un Giro plus tard

Il y a un mois jour pour jour, je suis parti de chez moi pour me rendre sur le Tour d’Italie. Je reviens avec énormément de choses à raconter.

 

Un grand tour, c’est un mois sur le terrain., mais en réalité l’aventure commence bien plus tôt. J’ai su que j’allais courir le Tour d’Italie dès le mois de décembre, je connaissais dès lors l’identité de la quasi intégralité de mes coéquipiers et une chose était claire : nous allions viser le podium avec Thibaut Pinot et cette course allait être le rendez-vous majeur de ma saison. J’avais le Giro en tête quand je me suis entraîné pendant l’hiver, quand j’ai pris part à mes premières courses de la saison, quand je suis allé avec les gars en Sicile en avril, quand j’ai couru le Tour des Alpes en guise de répétition générale. Le départ de Jérusalem a renforcé le sentiment de prendre part à quelque chose d’exceptionnel. Et ça s’est vérifié.

 

Oui, c’était un Giro infernal. Il n’y a eu aucun temps mort, c’était intense tous les jours. Comme sur tous les grands tours ? Certes, mais il y avait de notre part de l’ambition et de la part du public, des médias et de nos supporters une attente légitime. Pour que Thibaut Pinot puisse s’exprimer au classement général, il ne fallait pas tout gâcher sur une erreur évitable. Même quand une journée a priori tranquille se finit sans aléas, elle est en réalité très animée car il faut toujours faire en sorte d’être vigilant. Une seule étape a vu l’échappée obtenir un bon de sortie. Je n’ai presque pas le souvenir d’une seule journée sans un coup de stress. Parfois, ça peut être avant le départ ou après l’arrivée. Une chambre située au dessus de la cuisine de l’hôtel avec les odeurs qui vont avec, un transfert délicat qui ne favorise pas la récupération… C’est le jeu mais ce n’est pas simple à gérer.

 

Je considère que j’ai été en mesure, physiquement et mentalement, de répondre à la mission qui m’a été confiée. Cela a été facilité par le fait de pouvoir compter sur des coéquipiers remarquables. Tous ont préparé le Giro avec sérieux et professionnalisme, ont vécu l’évènement avec expérience et sagesse. C’était super de pouvoir travailler au sein de ce groupe d’une grande maturité où chacun a su trouver son rôle à jouer. C’était également agréable de partager la chambre de Thibaut, avec qui j’ai évidemment vécu des moments forts.

 

Je vous passe le résumé journalier de ce Giro, il faudrait plus qu’un article pour raconter tout cela. C’est bien sûr la fin de la troisième semaine qui reste aujourd’hui comme le moment le plus marquant, et restera gravé dans mes mémoires. Au lendemain de l’étape du jeudi, à Prato Nevoso, où Thibaut limite bien la casse alors qu’il n’affectionne pas les parcours où une montée sèche vient clore une journée de plaine, nous prenons le départ de l’étape du Jafferau avec la nécessité de réussir un grand coup pour revenir dans le match pour le podium. Une sacrée passe d’arme a lieu dans le mythique Finestre et Thibaut est à la hauteur du rendez-vous. Nous, les équipiers, sommes très vite dépassés par la course qui donne lieu à des écarts énormes, hormis Sébastien Reichenbach qui accompagne son leader presque jusqu’à l’arrivée. La journée est exceptionnelle, historique : c’est du grand vélo. Thibaut, déchaîné, revient à la troisième place du général. Nous sommes aux anges.

 

Mais le champion cycliste, s’il connait son corps et apprend à en ressentir les messages, n’oublie jamais qu’il a toujours une épée de Damocles au dessus de la tête : ce grain de sable qui peut venir enrayer la machine. Ce qui va se passer sur la 20e étape du Giro permettra de démonter que ce sport, extrême, met les physiques à rude épreuve et ne pardonne pas le moindre pépin. Il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour être performant. Le message fort de ce Giro, c’est que nous ne faisons pas semblant et qu'il faut avoir conscience de la force mentale que tous ces gars doivent développer pour venir à bout de leurs objectifs, ainsi que de ce que toutes les personnes qui gravitent autour mettent en place pour y arriver.

 

Thibaut va perdre plus de quarante minutes. Son rêve, ses sacrifices, tout s’écroule. Il va quand même jusqu’à la ligne d’arrivée malgré la fièvre et la douleur. Tous les efforts consentis pour éviter de prendre une cassure sur une étape de plaine paraissent dérisoires : il n’est alors plus question de classement général mais juste d’accompagner un ami dans la détresse. On espère que ça se finisse au plus vite, on essaye de se mettre à la place de l’autre mais c’est compliqué. On ne sait pas quoi dire, on veut le laisser tranquille, mais on est là pour l’accompagner dans le calme et avec respect. Évidemment, à aucun moment on n’envisage de l’abandonner. Car on est tous dans le même bateau depuis plusieurs mois, et même plusieurs années. J’imagine que d’autres coureurs d’autres équipes ont connu cela, y compris sur ce même Giro. Cela illustre toutes les difficultés de ce sport.

 

Je serai bientôt retraité du cyclisme. A quelques heures de l’arrivée finale de Rome, j’ai bon espoir que mon dernier grand tour se termine sur une note très positive. La fin est finalement tragique mais elle restera mémorable, le plus important étant que Thibaut soit en bonne santé. J’ai réussi à profiter de mon dernier jour à Rome, ville magnifique que je ne connaissais pas. Ce n’est qu’au départ de cette ultime étape que j’ai pris conscience que je n’allais plus revivre les émotions d’un grand tour, après 15 disputés et 15 terminés. J’ai apprécié les nombreux messages reçus mais nous nous reverrons : ma saison n’est pas terminée et je serai au départ en juin de la Route d’Occitanie, puis des Championnats de France. Si le Giro a été ma dernière course de trois semaines, c'est parce que le Tour n'est pas à mon programme, comme prévu de longue date. J’espère être spectateur de beaux exploits de mes coéquipiers en juillet et vivre de grandes émotions. Comme ces sacrés grands tours savent en offrir.

 

Commentaires  

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